confidences d’une ex-fumeuse

Confidences d’une ex-fumeuse !

Je me souviens de ma première cigarette, je venais d’avoir 17  ans. Ma mère, mon « boy friend » et beaucoup à la sortie du lycée fumaient. Par mimétisme, par « amour », pour me donner une contenance et une importance aux yeux des autres, j’ai commencé à fumer !

Un âge où l’on se sent si sur de soi, où le regard des autres nous importe peu, où nous avons fini de nous construire. Confiance en nous  et amour de soi sont nos priorités ! 😉

La cigarette représente à ce moment là un geste qui rassure, qui sauve et qui me comble dans beaucoup de situations. La  dépendance physique à la nicotine viendra compléter  la dépendance comportementale déjà bien installée…

La vie s’enchaîne, la cigarette prend une place prépondérante dans mon quotidien. Je l’organise  autours et/ou avec cette chère amie ! Je lui consacre un temps pour aller la chercher en magasin, un budget pour l’entretenir, une excuse pour la sortir et prendre l’air même quand je suis malade, pas envie ou fatiguée. Elle m’accompagne partout, je ne fais jamais rien sans elle.  Je m’occupe d’elle et de toute sa famille et en contre partie elle s’engage SOIT DISANT à me soutenir en cas de problème, de me donner de la contenance, de calmer mes angoisses, de me tenir compagnie quand je ne dors pas et quand je sors.

MA cigarette a crée une sacrée communauté dans laquelle on est accueilli le jour où l’on s’amourache de l’une d’entre elle. On fait partie d’un groupe !

Celui du « café, clope du matin ou du midi », « je stresse, il m’en faut une » ou celui du « t’as pas une clope ? » ou encore « celui qui en fumera le plus lors des soirées bien arrosées ». La communauté est grande et les groupes ne manquent pas. Malgré tout, sa présence finie par être oppressante, toxique, coûteuse, je pense souvent à m’en séparer mais « je l’aime, moi! ». Que vais je faire sans elle ?

Je pourrais vous dire de ne retenir que celles qui nous soulagent lors d’une émotion forte et désagréable, celles qui nous fait chavirer après l’amour, celles qui nous rassurent seule face à l’inconnu, celles qui nous tiennent compagnie lorsque l’on attend, celles qui nous excusent pour prendre l’air ou faire une pause, celles qui nous accompagnent dans les moments de liesse…

Mais si je regarde les yeux dans les yeux ma relation avec MA cigarette, je ne compte plus les maux de tête et les nausées les lendemains de fête sans même avoir bu de l’alcool, l’haleine de « cendrier froid » au petit matin et plus tard dans la journée AUSSI, l’odeur sur les vêtements que nous les fumeurs ne sentons plus vraiment mais qui empeste que l’on veuille ou non, les heures passées dehors qu’il pleuve qu’il vente ou que les températures soient négatives, ces oppressions respiratoires, ces toux répétitives, ces exclusions sociales,  le jaune nicotine qui s’imprègne sur la peau et les dents, la fatigue …etc

A moins d’être enfermer dans une grotte coupée du monde et des infos sur le danger du tabac, régulièrement je me dis  :

 » – Je le sais, je le sens, il le faut, je dois arrêter ! »

Lorsque j’ai voulu arrêter de fumer pour la première fois, je désirais avant tout dépasser mes limites. Un objectif pas facile mais un défi que je voulais relever pour donner des repères et un sens à ma vie. Je devais avoir 22 ans environ, échec sentimentale, universitaire et sociale et pour rien arranger un taux de cholestérol élevé pour mon âge. J’avais besoin de me prouver et un peu aux autres aussi que je pouvais réussir !

Faire un « cut » et m’occuper de moi pour (re) prendre le contrôle de ma vie. Seule, j’ai entrepris un régime, fait du sport, manger sainement et arrêter de fumer. Le sport intensif a évité  de ressentir les  symptômes physiques du sevrage.  Sans trop de difficulté ni de tentations, j’ai maigri et je n’ai plus touché une cigarette.

Six mois  plus tard, une nouvelle rentrée universitaire, de nouveaux amis, de nouvelles sorties, un boulot et tout le stress qui va avec ont fini par me faire craquer au bout d’un mois et demi !

La deuxième fois a été au moment où mon horloge biologique s’est manifestée. Un peu avant que je sois enceinte, j’ai essayé de ralentir en vue d’arrêter pour être prête et « saine ». Cela a été un supplice pendant plusieurs mois, je n’en avais pas si envie que cela mais je voulais « bien faire » pour mon futur bébé et hors de question de fumer pendant la grossesse. Il était aussi impératif d’arrêter avant pour éviter trop de désagréments au bébé du au sevrage tabagique. Moi passait encore mais ce petit être n’avait rien demandé de toute façon. Le jour où j’ai su que j’étais enceinte, j’ai voulu fêter cela avec une « ptite clope » et à partir de cet instant, je n’ai plus touché une cigarette pendant presque 5 ans.

Sans trop de difficultés grâce aux hormones de grossesse cette fois-ci, je m’étais promis de ne pas reprendre après avoir arrêter si longtemps. Je ne voulais plus revivre les supplices du sevrage et aussi pour ma petite fille.

Le seul inconvénient, c’est que je ne l’ai pas fait vraiment par amour de moi-même mais parce qu’il le fallait… Je n’avais jamais vraiment travaillé sur moi pour m’aimer véritablement.

Et jamais 2 sans 3, à l’annonce de mon divorce, ma vie et mon cœur éclatent. La nocivité de fumer n’a plus aucune importance  ! Le regard que j’avais sur moi était tellement écorné que de (re) fumer est secondaire. Je souffre tellement que l’idée de me faire du mal en recommençant à fumer est totalement dérisoire.  A ce moment la , un peu plus , un peu moins qu’importe ! J’ai besoin d’aide alors mon amie la cigarette a accepté de me reprendre. Et UNE cigarette pour un ex-fumeur c’est celle de trop ! Cette rechute aura duré 5 ans.

Pour finir, je peux vous dire qu’en tant qu’ex fumeuse l’étape la plus longue et difficile a été de construire ma motivation, de m’aimer suffisamment pour m’offrir ce cadeau ! J’ai chuté et rechuté. J’ai d’abord modifié certaines choses pour que la situation change. Et l’arrêt est devenu une évidence et un cadeau que je m’offre chaque jour et plus comme une souffrance que je m’inflige à moi même. Ensuite, grâce à l’auriculoréflexologie, j’ai pu éviter tous les désagréments physiques liés au sevrage tabagique.

Comme moi, vous pouvez le faire ! Néanmoins je reste une « ex » fumeuse et pas une « non » fumeuse. Je ne souhaite pas rouvrir le tiroir mais je ne peux pas dire qu’il n’existe pas. Je ne suis pas à l’abri d’un coup dur et de l’idée d’en rallumer une petite éventuellement pour voir ! D’autant que le chemin neuronal existe toujours et mon cerveau l’a emprunté pendant longtemps et dans de nombreuses situations donc il peut proposer de LE (re) prendre . D’où la nécessité de consacrer du temps à la première étape est cruciale. Ceux sont les bases de ma motivation solides qui me permettent de rester vigilante quand il le faut.

N’hésitez pas à  me contacter:  

Elodie FACON
Sophrologue Caycédien, Auriculoréflexologue
06.24.49.61.83